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Dimanche 20 janvier 2008
A côté de chez Sylvain vivait une vieille dame, madame Pretaux. Ses enfants lui avaient offert un petit chien pour lui tenir compagnie. La maman de Sylvain, en rentrant du travail , lui dit :
-Madame Pretaux a un petit chien !
-Quel genre de chien ? répondit Sylvain.
-Ho juste un petit chien tout ordinaire avec une queue trop longue et un museau trop court. Mais il a l’air d’avoir un gentil caractère. Tu pourrais offrir à madame Pretaux de le sortir… A son age elle ne peut pas beaucoup marcher. Je crois que le chien s’appelle Pipo.
Sylvain n’avait pas envi de faire des promenades ; il aimait passer son temps à lire dans sa chambre ou tout simplement à ne rien faire. Il n’aimait pas les animaux. Il jetait des cailloux à Pervenche la chatte de sa maman. Il jetait des pierres aux oiseaux qui venaient picorer dans le jardin. Pipo vint à la barrière du jardin en remuant sa queue trop longue. Il essayait de se faire un ami de Sylvain mais celui-ci lui dit :
-Que tu es vilain avec ta queue trop grande pour toi et ton museau trop court. Et puis tu ne sais même pas aboyer !!! Tout juste si tu réussis à faire un petit « yap »… Aller sauves toi de là !!
Pipo ne comprenait pas ce que lui racontait Sylvain mais la voix du garçon lui plaisait et il remuait sa queue de plus en plus fort. Il jappait doucement en espérant inciter Sylvain à jouer avec lui. Sylvain prit un caillou et le lança au chien qui se précipita pour le ramener. Un autre caillou ! Puis encore un qui le frappa dans les cotes… Pipo ne comprenait pas pourquoi ce gamin qui avait l’air si gentil essayait de lui faire mal. A chaque fois que Sylvain sortait Pipo était là à l’attendre en remuant frénétiquement sa longue queue. Quand Sylvain allait au village faire des courses pour sa maman Pipo le suivait. Sylvain lui lançait des pierres et le petit chien avait appris à garder ses distances. Il restait loin derrière pour ne pas être vu mais il trouvait du plaisir à suivre le gamin jusqu’au bourg. C’était mieux que de rester à s’ennuyer dans le jardin. Parfois Sylvain se cachait derrière une haie et attendait que Pipo arrive pour lui lancer un caillou. Un jour Pipo apporta une balle que madame Pretaux lui avait achetée. Il la posa devant Sylvain en espérant que celui-ci jouerait à la lancer et qu’il pourrait courir et la rapporter… Mais Sylvain lança la balle dans un arbre où elle resta perchée, coincée entre deux branches.
Un jour Sylvain, en allant au village, prit le chemin qui longeait le ruisseau. Pipo, à son habitude, le suivait à distance. Où le ruisseau s’élargissait pour former un petit étang il y avait un magnifique cygne qui se pavanait, fier de sa blancheur. Sylvain prit un caillou et le lança avec force au bel oiseau. Celui-ci se mit en colère et, moitié courant moitié volant, il se précipita sur le garçonnet. D’un violent coup de son aile puissante il le projeta au sol et lui asséna des coups de son bec orange sur les bras et sur les jambes. Sylvain qui essayait de se protéger trébucha et tomba dans l’étang. Pipo qui arrivait se mit à aboyer et, de toute la force de ses petites pattes, il se précipita dans la mêlée. L’oiseau majestueux prit le large pensant que la correction avait été suffisante. Sylvain ne sentait plus la terre ferme sous ses pieds et commençait à s’affoler. Il battait l’eau de ses bras en criant. Pipo comprit que l’enfant ne savait pas nager. Sans hésiter il se précipita dans l’eau et attrapa la manche de son blouson. Ses petites mâchoires fermement serrées sur le tissus il mit toute son énergie à tirer vers la berge ce poids énorme pour lui. Après quelques instants Sylvain sentit du solide sous ses pieds et réussit à se hisser sur la berge. Il avait très mal à la jambe. De son aile l’oiseau lui avait fortement meurtri le mollet. Pipo était à son côté et léchait affectueusement les égratignures que le bec du cygne avait laissé sur les bras et les jambes de Sylvain.
-Tu m’as sauvé !! Je t’ai toujours chassé, je t’ai fait du mal et tu n’as pas hésité à me secourir…
Il essaya de se lever mais sa jambe ne le portait plus; la douleur trop intense le laissait là sur la berge. Pipo remuait sa grande queue avec une telle force qu’il manquait de se renverser à chaque battement. Après quelques minutes il partit en courant de toutes ses petites jambes. L’enfant se crut abandonné mais Pipo avait filé de toute sa vitesse vers la maison de Sylvain. Il se mit à japper et la maman du garçon vint voir ce qui se passait. Il prit le bas de son tablier et se mit à tirer tout en grognant.
-Qu’est ce que tu veux ? Il faut que je te suive ? Où est Sylvain ? Comprenant que Sylvain était au centre de tout cela elle partit avec Pipo qui la guida jusqu’à l’étang.
-Mon Dieu ! Qu’est-il arrivé ?
Elle prit son fils dans ses bras et le ramena à la maison suivie de près par le jeune chien. Une fois pansé et nettoyé Sylvain lui raconta sa méchanceté envers les animaux, envers Pipo et malgré tout cela le courage du petit chien qui venait de lui sauver la vie. Pipo fut congratulé et choyé par Sylvain et sa maman. Maintenant on voit tous les jours un garçonnet et un petit chien qui ne se quittent pas et qui font ensemble de grandes promenades. Si vous les voyez surtout ne dîtes pas à l’enfant que son chien a une queue trop longue ou un museau trop court…
publié dans : Pour un petit fils...
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