Samedi 27 mai 2006
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Je sais un Ange qui, de mots en mots, chante la gloire de l'amour
Alors que, de maux en maux, j'en vois filer les atours.
Pourquoi les Dieux sont ils en colère contre moi?
Ai-je dans tes bras bafoué tant de leurs lois?
De l'amour, mon coeur meurtri ne connaît que les larmes,
De la rose de ta bouche seules les épines acérées j'ai gardé.
Quand tes doigts, jouant sur ma peau, me faisaient baisser les armes
Et que tes yeux suppliaient mon corps vers toi dardé
Comment aurai-je pu imaginer que ton âme
Déjà pour une autre cour s'était installée?
Tu étais, à l'instant de succomber, une autre femme
Qui, mes sentiments en bandoulière, s'en allait...
Tu t'en allais de coeur en coeur, de corps en corps,
Pour ne laisser sur ton chemin que des âmes meurtries
Comme les oriflammes d'une armée mise à mort.
Pour les douceurs de ton lit j'ai renié famille et patrie,
Pour l'éternité d'un instant de bonheur entre tes draps
De ma vie j'ai effacé, sans scrupule, tout l'apparat.
Pour ton plaisir, pour tes désirs, j'ai perdu mon estime
Comme si t'aimer sans limite avait été un crime.
Et pourtant, les souvenirs humiliants de nos ébats
Peuplent, de leurs phantasmes, les landes de ma mémoire
Sur laquelle la douceur de tes mains a si bien fixé ce bât
Qui me blesse sans me laisser le moindre espoir.
Aurai-je un jour, pour briser ce carcan, assez de force et de haine?
Pour me libérer de toi sans déchirer mes sentiments
Trouverai-je celle qui saura panser mes peines?
Celle pour qui je redeviendrai un amant!
Par Philippe Jacques
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Publié dans : Des mots
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